Un tableau secondaire rapproche les disjoncteurs d'un garage, d'une dépendance ou d'un étage. Son câble se choisit en trois temps : le calibre du disjoncteur de départ, la section qui le supporte, puis la chute de tension, qui se cumule avec celle des circuits.
En bref
Jusqu'à 32 A, l'alimentation d'un tableau secondaire suit le tableau des circuits : 6 mm² sous un disjoncteur de 32 A au plus, posé au départ du tableau principal. Au-delà, la section se vérifie par le courant admissible : Legrand associe 10 mm² à 40 A au plus. Sur une grande longueur, c'est souvent la chute de tension qui décide, car elle s'ajoute à celle de chaque circuit du tableau secondaire.
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Quelle section de câble pour alimenter un tableau secondaire ?
Jusqu'à 32 A : 6 mm², sous un disjoncteur de 32 A au plus. Le tableau secondaire, ou divisionnaire, est un second tableau qui reçoit ses propres circuits, alimenté depuis le tableau principal. Son câble suit la ligne « autres circuits » de la norme NF C 15-100, qui fixe les règles des installations électriques à basse tension.
| Circuit | Section | Disjoncteur | Limites |
|---|---|---|---|
| Autres circuits, alimentation d'un tableau divisionnaire | 1,5 mm² | 16 A | au-delà de 6 mm² et 32 A : section par le courant admissible et la chute de tension |
| Autres circuits, alimentation d'un tableau divisionnaire | 2,5 mm² | 20 A | au-delà de 6 mm² et 32 A : section par le courant admissible et la chute de tension |
| Autres circuits, alimentation d'un tableau divisionnaire | 4 mm² | 25 A | au-delà de 6 mm² et 32 A : section par le courant admissible et la chute de tension |
| Autres circuits, alimentation d'un tableau divisionnaire | 6 mm² | 32 A | au-delà de 6 mm² et 32 A : section par le courant admissible et la chute de tension |
Sources : tableau reproduit par Hager (NF C 15-100-10, édition 2024). Cuivre. Le tableau ne précise pas le mode de pose (point ouvert) : une pose défavorable (isolant, circuits groupés) ou une grande longueur peuvent imposer une section plus forte.
La section est la surface de la coupe du métal d'un conducteur, en mm² ; le calibre est l'intensité pour laquelle un disjoncteur est construit. Ces valeurs sont les mêmes dans l'édition 2002 (Nexans) et dans l'édition 2024 (Hager).
Au-delà de 32 A
Le tableau des circuits s'arrête à 6 mm². Au-delà, la section se vérifie par le courant admissible, noté Iz : le courant qu'un câble supporte en permanence sans dépasser sa température limite. Le disjoncteur doit rester entre le courant demandé et Iz (règle Ib ≤ In ≤ Iz, Schneider).
En pose encastrée sous conduit, 10 mm² admet 57 A et 16 mm² 76 A (tables reproduites par Schneider). Legrand retient pourtant 40 A au plus sur du 10 mm² pour un tableau secondaire : une valeur prudente, que les sources lues ne présentent pas comme une règle de la norme.
Le câble à acheter : U-1000 R2V 3G6 ou 3G10 en monophasé (phase, neutre et terre vert-jaune), 5G6 ou 5G10 en triphasé. Le chiffre après le G est la section de chaque conducteur.
Quel disjoncteur pour alimenter un tableau secondaire ?
Un disjoncteur au départ du tableau principal, pas à l'arrivée du tableau secondaire (Legrand) : c'est lui qui protège le câble sur toute sa longueur. Il coupe le circuit en cas de surcharge ou de court-circuit, et son calibre se choisit en deux temps :
- il couvre le besoin du tableau secondaire, c'est-à-dire ce qui peut y fonctionner en même temps ;
- il reste au plus égal à ce que le câble supporte : 32 A sur du 6 mm², 40 A sur du 10 mm² selon Legrand.
Les circuits du tableau secondaire restent, comme tous les circuits terminaux, sous un différentiel 30 mA, qui coupe quand une partie du courant fuit hors du circuit (Hager). Dans l'édition 2024, les circuits d'une installation extérieure non fixée au bâtiment ont une protection distincte de celle des circuits intérieurs.
Coupez, vérifiez, et ne montez jamais le calibre
Avant de toucher un fil, coupez le courant au disjoncteur général, puis vérifiez l'absence de tension sur chaque conducteur avec un vérificateur d'absence de tension (VAT). Si le disjoncteur de départ saute, ne le remplacez jamais par un calibre plus fort : il est choisi pour le câble qu'il protège.
Comment lire le calcul en haut de page ?
Le calculateur est réglé sur un besoin de 9 000 W à 30 m du tableau principal, en monophasé, comme un appareil hors du tableau des circuits. Pour ce cas, il compte un cos φ de 0,8, la valeur retenue faute d'indication par le guide UTE C 15-105 (cité par Éduscol). Le cos φ (facteur de puissance) vaut 1 pour un appareil qui chauffe, moins de 1 pour un moteur.
Le courant monte alors à 48,9 A et demande un disjoncteur de 50 A : le 10 mm² tient l'échauffement, mais le calculateur avertit que le tableau du logement associe le 10 mm² à 40 A au plus pour les circuits usuels. Deux façons d'en sortir :
- estimer le besoin réel du tableau secondaire, c'est-à-dire ce qui peut y fonctionner en même temps, et le saisir en watts ;
- faire confirmer par un électricien un départ plus fort que 40 A.
Le calculateur ne prend qu'une puissance, pas le calibre du disjoncteur de départ. Pour ce choix, il ne contrôle que l'échauffement et la chute de tension : pour un départ de 32 A, il peut proposer du 4 mm² avec un avertissement, alors que le tableau des circuits demande 6 mm². Retenez la section du tableau des circuits jusqu'à 32 A. Exemple calculé pour un départ de 32 A, avec la ligne « autres circuits » :
Exemple : autres circuits, alimentation d'un tableau divisionnaire, 30 m, monophasé, cuivre
- I = 32 A (intensité saisie)
- Circuit autres circuits, alimentation d'un tableau divisionnaire : 6 mm² au moins, disjoncteur de 32 A au plus (tableau des circuits, édition 2024)
- Disjoncteur : 32 A, car Ib 32 A ≤ In 32 A ≤ Iz 41 A
- Échauffement : 6 mm² encastré sous conduit admet 41 A, au moins égal aux 32 A du disjoncteur
- Chute de tension : u = 2 × 0,023 × 30 / 6 × 32 = 7,36 V, soit 7,36 / 230 = 3,2 %
- Limite : 5 % (autres usages)
- Section retenue : 6 mm², imposée par le circuit
6 mm², disjoncteur 32 A, chute 3,2 % (7,36 V), câble R2V 3G6, différentiel 30 mA type selon les circuits en aval.
Pourquoi la chute de tension décide souvent ?
La chute de tension est la tension perdue dans le câble, d'autant plus forte que le câble est long, fin et chargé. Sa limite, 3 % pour l'éclairage et 5 % pour les autres usages, se compte des bornes de sortie du disjoncteur de branchement jusqu'à l'appareil (Schneider).
Avec un tableau secondaire, trois câbles s'additionnent : celui du tableau principal, celui du tableau secondaire, puis le circuit lui-même. Les 3,2 % de l'exemple ci-dessus dépassent déjà la limite de l'éclairage, sans compter le câble du tableau principal :
La chute en amont (3,2 %) atteint déjà la limite de 3 % : réduisez-la d'abord (câble du tableau, tableau secondaire).
Les prises du garage, à 15 m du tableau secondaire et comptées à pleine charge, passent encore, mais en 4 mm² au lieu de 2,5 mm² :
Exemple : prises de courant en 2,5 mm², 15 m, monophasé, cuivre
- Sans puissance saisie, l'intensité est prise égale au calibre du circuit : 20 A (hypothèse prudente)
- Circuit prises de courant en 2,5 mm² : 2,5 mm² au moins, disjoncteur de 20 A au plus (tableau des circuits, édition 2024)
- Disjoncteur : 20 A, car Ib 20 A ≤ In 20 A ≤ Iz 32 A
- Échauffement : 4 mm² encastré sous conduit admet 32 A, au moins égal aux 20 A du disjoncteur
- Chute de tension : u = 2 × 0,023 × 15 / 4 × 20 = 3,45 V, soit 3,45 / 230 = 1,5 %
- Chute cumulée : 3,2 % en amont + 1,5 % = 4,7 %, limite 5 % (autres usages)
- Section retenue : 4 mm², imposée par la chute de tension
4 mm², disjoncteur 20 A, chute 1,5 % (3,45 V), câble R2V 3G4, différentiel 30 mA type AC ou A.
- Aucune puissance saisie : calcul au calibre du circuit, le cas le plus chargé.
Le même départ en 10 mm² laisse de la marge aux circuits :
Câble de 10 mm² sur 30 m, 32 A : chute de 4,42 V, soit 1,9 %.
Hager recommande aussi de réserver 1 % au câble entre le disjoncteur de branchement et le tableau principal quand l'installation a un tableau divisionnaire, au lieu de 2 % sans lui. C'est une recommandation, pas une limite : seule compte la limite de 3 % ou 5 % de bout en bout.
Des recommandations publiées qui dépassent 5 %
On lit parfois des tableaux qui conseillent 6 mm² pour 9 kW sur 50 m et 10 mm² pour 12 kW sur 70 m. Le calcul, avec la résistivité du cuivre en service (0,023 Ω·mm²/m), donne :
Câble de 6 mm² sur 50 m, 9 000 W : chute de 15 V, soit 6,5 %.
Câble de 10 mm² sur 70 m, 12 000 W : chute de 16,8 V, soit 7,3 %.
Les deux dépassent 5 % à eux seuls. Vérifiez toujours la longueur réelle, avec la chute de tension et le câble du tableau principal.
Garage ou dépendance : câble enterré et prise de terre
Un garage, un atelier ou un abri de jardin n'a pas besoin d'un nouveau compteur : il s'alimente depuis le tableau de la maison (Promotelec). Un tableau dans le local est préférable dès qu'il reçoit plusieurs circuits. Si le compteur est en limite de propriété, Promotelec juge préférable de repartir de là, avec un coffret qui protège chaque départ par un disjoncteur : ce raccordement près du disjoncteur de branchement est un travail d'électricien.
- Câble enterré : 0,50 m de profondeur au moins, 0,85 m sous un passage de voitures ou un trottoir, grillage avertisseur rouge 20 cm au-dessus (Prysmian, d'après l'édition 2002 ; Promotelec). Un R2V va sous fourreau ; seuls les câbles armés s'enterrent directement.
- Pose dans le calculateur : choisissez « enterré sous fourreau », car le courant admissible n'est pas le même qu'en pose encastrée.
- Terre : le conducteur vert-jaune du câble ramène la terre de la maison, ou une prise de terre est créée au local. En construction neuve, Promotelec demande de créer la prise de terre et de la relier à celle de la maison.
- Matériel extérieur : éclairage et prises protégés contre les projections d'eau, indice IP24 ou IP25 (Promotelec).
Si la maison est en triphasé, Promotelec écrit que la dépendance doit aussi être alimentée en triphasé, pour mieux équilibrer les phases. Le courant se répartit alors sur trois conducteurs :
Exemple : autres circuits, alimentation d'un tableau divisionnaire, 30 m, triphasé, cuivre
- I = 32 A (intensité saisie)
- Circuit autres circuits, alimentation d'un tableau divisionnaire : 6 mm² au moins, disjoncteur de 32 A au plus (tableau des circuits, édition 2024)
- Disjoncteur : 32 A, car Ib 32 A ≤ In 32 A ≤ Iz 36 A
- Échauffement : 6 mm² encastré sous conduit admet 36 A, au moins égal aux 32 A du disjoncteur
- Chute de tension : u = 1 × 0,023 × 30 / 6 × 32 = 3,68 V, soit 3,68 / 230 = 1,6 %
- Limite : 5 % (autres usages)
- Section retenue : 6 mm², imposée par le circuit
6 mm², disjoncteur 32 A, chute 1,6 % (3,68 V), câble R2V 5G6, différentiel 30 mA type selon les circuits en aval.
Pompe de piscine, portail, éclairage extérieur : quelle section ?
Ces appareils ne figurent pas dans le tableau des circuits. Ils relèvent des « autres circuits », selon le courant de leur notice : 1,5 mm² jusqu'à 16 A, 2,5 mm² jusqu'à 20 A, 4 mm² jusqu'à 25 A, 6 mm² jusqu'à 32 A, puis la chute de tension sur la longueur réelle.
Saisissez la puissance de la plaque signalétique dans le calculateur, avec la pose « enterré » si le câble traverse le jardin, et gardez au moins la section de la ligne « autres circuits » si le calculateur propose moins. Pour une pompe à variateur monophasé, un différentiel de type F est recommandé, parfois exigé selon l'équipement. Un local technique qui réunit pompe, éclairage et prise mérite son tableau secondaire.
Pour un projecteur ou des spots en 12 V, le câble après le transformateur se calcule autrement : voyez la page 12 volts.
Et maintenant
Réglez le calculateur en haut de page sur le besoin du tableau secondaire, en watts, et sur la longueur réelle ; jusqu'à 32 A, gardez au moins la section du tableau des circuits. Vérifiez ensuite la section du câble entre le compteur et le tableau, qui consomme sa part de chute de tension. Comparez avec les autres circuits dans le tableau des sections, et relisez les règles de sécurité avant de raccorder.
Questions fréquentes
Quel disjoncteur pour alimenter un tableau secondaire ?
Un disjoncteur placé au départ du tableau principal, pas à l'arrivée du tableau secondaire (Legrand). Son calibre couvre le besoin du tableau secondaire et reste au plus égal à ce que le câble supporte : 32 A sur du 6 mm² selon le tableau des circuits, 40 A sur du 10 mm² selon Legrand.
Quelle section de câble pour un tableau secondaire à 50 m ?
Pour un départ de 32 A en monophasé, le 6 mm² perd environ 5,3 % sur 50 m : c'est trop, avant même de compter les circuits. Le 10 mm² perd environ 3,2 %, le 16 mm² environ 2 %. Choisissez la section qui laisse assez de marge aux circuits du tableau secondaire, surtout à l'éclairage (3 % de bout en bout).
Quelle section de câble pour un tableau secondaire en triphasé ?
La même ligne du tableau des circuits s'applique : 6 mm² sous 32 A au plus, en câble 5G6 (trois phases, neutre et terre). Le courant étant réparti sur trois phases, la chute de tension est plus faible qu'en monophasé à courant égal. Quand la maison est en triphasé, Promotelec demande d'alimenter aussi la dépendance en triphasé.
Faut-il un compteur séparé pour alimenter un garage ou un atelier ?
Non. Un garage, un atelier ou un abri de jardin s'alimente depuis le tableau de la maison, par un câble enterré ou aérien, sans nouveau compteur (Promotelec). Un tableau secondaire dans le local est préférable dès qu'il reçoit plusieurs circuits.
À quelle profondeur enterrer le câble d'une dépendance ?
À 0,50 m au moins, et à 0,85 m sous un passage de voitures ou un trottoir, avec un grillage avertisseur rouge 20 cm au-dessus du câble (Prysmian, d'après l'édition 2002 de la norme ; Promotelec). Un câble R2V s'enterre sous fourreau ; seuls les câbles armés s'enterrent directement.
Sources officielles
Informations vérifiées le sur les sites suivants. En cas de doute, ce sont eux qui font foi.
- NF C 15-100 Installation électrique dans l'habitat, guide réglementaire et normatif, mise à jour 2024 (articles de la NF C 15-100-10, -1 et -7-722) (Hager)
- Tableau de section des conducteurs et calibres des protections (NF C 15-100, art. 10.1.4.7.2, tableau 10-1F, édition 2002 et amendement A5) (Nexans)
- Quelle section de câble faut-il pour alimenter un tableau électrique ? (Legrand)
- Compléments techniques du catalogue distribution électrique 2016/2017, pages A46 à A49, A59 et A60 (rediffusion de l'université Toulouse III) (Schneider Electric)
- Guide de l'installation électrique, « Calcul de la chute de tension en ligne en régime permanent » et « Limite maximale de la chute de tension » (lus par archive.org) (Schneider Electric)
- BTS Électrotechnique, session 2015, dossier ressources E4.2 (chute de tension à partir du guide UTE C 15-105) (Éduscol)
- Fiche technique N°B « Conseils pose des câbles enterrés », V4 (Prysmian)
- Comment réaliser l'installation électrique d'un local non attenant à la maison ? (Promotelec)
- Cave, garage… quelles sont les règles pour réussir l'installation électrique des dépendances ? (Promotelec)